Critique de cinema

Le cinéma est l’art le plus populaire du vingtième siècle. Alors que le public semble se désintéresser de plus en plus des autres arts, jugés souvent trop difficiles d’accès, l’image du cinéma reste, elle, assez positive. .).

 
Toutefois, c’est aussi un des arts les plus difficiles à cerner étant donné l’écart parfois important entre un cinéma dit « d’art et d’essai » et donc à visée plus artistique, et un cinéma que l’on qualifie souvent de « grosse production », à l’aspect plus commercial. Bien sûr ce phénomène est présent dans tous les arts mais il semble plus important au cinéma, excepté peut-être en musique. De ce fait la critique cinématographique demeure essentielle afin que le cinéma ne devienne pas une simple production commerciale.
cinema

légitimation des intervenants
Pour autant, une fois le cinéma reconnu comme une pratique culturelle, voire une activité artistique, les intellectuels se doivent d’être à la pointe des débats qui animent le 7e art. C’est à eux, que les sociologues appellent les producteurs de croyance, que revient de distinguer parmi l’offre cinématographique ce qui est bien de ce qui ne correspond pas à un esthétisme artistique ou qui ne relève pas de la culture. En effet, seule l’Histoire permet de juger des qualités artistiques d’une œuvre. En absence de recul historique, l’actualité cinématographique ne peut offrir de films de référence, de chef d’œuvre reconnu. Le même mal atteint évidemment avec une plus grande acuité encore le cinéma avant-gardiste. L’Histoire n’ayant pas encore pu faire le tri parmi les centaines de nouveaux films proposés chaque année, le grand public reconnaît à « ceux qui savent » le devoir de légitimer les films référence.
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Parmi, ces élus, on trouve un public aussi varié que critiques et jurys de festival. Pourtant, la nomination de ces juges prête à commentaire :

* le critique n’a pas besoin de diplôme ou d’un curriculum vitae particulier. Il est retenu pour ses qualités littéraires et sa passion pour la chose cinématographique. Mais il doit ou est contrait de choisir entre deux conceptions : l'approche cinéma d'auteur qui l'enferme dans un rôle (au sens d'Erving Goffman) de défendre un certain cinéma, ce qui ne signifie pas qu'il ne croit pas à ce qu'il défend mais que sa liberté est limitée ; l'approche grand public pour satisfaire la nécessité pour le média auquel il appatient de couvrir le public le plus large et être en adéquation avec lui.

* un jury de festival est un groupe d’hommes et de femmes réunis pour la circonstance. Souvent issus du milieu cinématographique, mais pas toujours, ils doivent leur place à un talent qui ne doit souvent pas grand chose à leur capacité à juger des qualités artistiques d’un film puisque le jury ne juge pas comment le film a été fait (ce pour quoi le jury a souvent des prédispositions en tant que professionnels du secteur), mais de la qualité sensorielle du produit livré. Les arrières pensées ne peuvent non plus être exclues compte tenu que le nombre de votants est limité et donc l’image véhiculée par le gagnant se trouve attaché au jury. Entre le soucis d’indépendance vis-à-vis d’un favori, la préférence pour un film lié à une maison de production et la défense d’un film politique, les jury du festival de Cannes ont souvent fait des choix polémiques, ou du moins se sont attachés à des caractéristiques pas seulement cinématographiques ;

* les élections professionnelles (Oscars, César …) présentent des caractéristiques similaires à ceci près que le vote est secret, le corps électoral étant composé souvent de plusieurs milliers de votants à bulletin secret. Pourtant, les lauréats sont la plupart du temps issus des plus gros studios et ont bénéficié de budget conséquent faisant appel à un large éventail de corps de métiers. De là, à dire que les votes privilégient les films qui font vivre les votants il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas franchir. La victoire quasi-systématique d’un film d’époque ou de science-fiction depuis le début des années 1980 illustre cette thèse.

L’intellectuel qui crée les références n’est donc pas particulièrement adapté pour juger d’un film dans le temps. On ne s’étonne pas alors de voir tant d’œuvres négligées par le passé aujourd’hui reconnues.

Il suit parfois d’autres desseins plus personnels et il n’est lui-même qu’un spectateur plus assidu pris dans la subjectivité de son environnement. Lorsque critiques et jury à Cannes (présidé par le démocrate Quentin Tarantino dont la totalité des films sont financés par Miramax) récompensent, en mai 2004, Fahrenheit 9/11 (pamphlet anti-républicain produit par Miramax) c’est un documentaire certes efficace qui est reconnu, mais peut-on y voir le représentant d’un cinéma innovant, original et universel ?

Pourtant, comme évoqué, l’essor d’une intelligentsia reconnue est indispensable pour « dire le beau » qui permet à certains films d’être qualifiés d’œuvres d’art et donc au cinéma de devenir le 7e art. D’où le besoin de maintenir encore aujourd’hui une critique cinématographique capable de participer à un processus de patrimonialisation d’une partie de la production cinématographique. En ce sens, les difficultés des revues spécialisées ne sont pas favorables à la reconnaissance du cinéma et les chaînes thématiques ne sont pas parvenues à prendre le relais, les objectifs de rentabilité non atteints les ayant contraintes à progressivement abandonner la critique et l’analyse pour des émissions de reportage et d’actualité.

Le cinéma, culture populaire et culture de masse

Par sa possibilité d'accès au plus grand nombre, c'est-à-dire sans barrière culturelle ou d'instruction pour appréhender le sens des œuvres, le cinéma s'affirme parmi les arts populaires. Néanmoins, certains films se positionnent clairement sur un champ culturel plus élitiste de par les références qu'ils véhiculent ou la forme qu'ils empruntent.

Par opposition aux arts et activités culturelles qui ne sont pas reproductibles ou qui se consomment individuellement, le cinéma dont la fonction est de reproduire le mouvement est par définition une culture de masse. Ainsi, les études montrent que le cinéma est « la pratique culturelle la plus populaire » (95% des français y sont allés au moins une fois dans leur vie)
Le spectateur de cinéma

La part des femmes est légèrement plus importante que leur part naturelle. Elle représentent 53,4% des entrées alors qu'elles 51,6% de la population française. Cela est dû au fait que plus de femmes vont au cinéma (51,6% des spectateurs) et plus souvent (en moyenne 5,6 fois par an contre 5,2 fois pour les hommes)[7].

La part des plus de 35 ans a tendance à augmenter depuis plus de 10 ans contrairement à l'idée que le cinéma est dominé par le jeune public. La part des plus de 35% est ainsi passée de 39 à 51% entre 1993 et 2006[8]. La fréquentation des jeunes parait diminuer chez les 20/34 (elle reste néanmoins la plus élevé avec 7,4 fois par an contre 5,4 en moyenne) ans alors qu'elle augmente chez les plus jeunes de 6 à 10 ans.

La pratique cinématographique devient plus large au sein de la population touchant davantage les classes populaires et les retraités (leur part est passé de 29 à41% des entrées total). C'est dans les zones rurales que la progression est la plus importante. Le développement des multiplexes y contribue. En revanche, il y a une segmentation importante des films vus par les CSP- et les CSP+. Les premiers voient prioritairement des films américains (indice 105,2 contre 88,6 pour les CSP+) alors que les seconds privilégie les films français (indice 112,9 contre 98 pour les CSP-). De même, le public des films classés art et essai est très typé : assidu, urbain (voire parisien) et sénior.

Les enquêtes de Médiamétrie montrent que la fréquentation est corrélée à la part des occasionnels (de 60 à 65% des entrées). Elle est en effet en hausse depuis le début des années 2000 expliquant l'augmentation de la fréquentation tendancielle annuelle.

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